Institut des Frères des Écoles Chrétiennes
L'Institut en France
Histoire des écoles lasalliennes
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Bayonne : une histoire sans frontières
Établis en terre basque du nord, réfugiés au
sud lorsqu'ils ne purent plus enseigner en France, puis revenus au
pays, les Frères accueillent depuis bientôt deux siècles élèves
français comme espagnols.
Les Frères arrivent à Bayonne en 1820 
C'est pour l'enseignement élémentaire
des "classes populaires" qu'on les avait demandés,
suite à un large accord entre le clergé et la bourgeoisie
marchande de la ville.
Une souscription permet de faire face à la
dépense : traitement de trois Frères, ameublement...
jusqu'à ce
que la municipalité s'engage à son tour. Comme souvent,
les débuts sont modestes : pendant cinq ans, deux classes dans
les cloîtres de la cathédrale, avant que la ville ne consente à y
affecter les locaux de l'ancien petit collège. L'école,
dès lors, ne cessera de prospérer.
Au-delà de l'Adour, dans les Landes, était
la petite ville de Saint-Esprit, aujourd'hui quartier de Bayonne. Les
Frères
y sont appelés en 1839, ouvrant un pensionnat dès 1856,
avec mission de fournir aux entreprises de commerce de Bayonne
et des environs leurs futurs cadres et personnels qualifiés.
Bien vite, le lieu se révèle trop petit. Près
des remparts, l'hôtel Dubrocq devient alors Saint-Bernard, recevant
250 élèves, dont bon nombre d'Espagnols venant y
recevoir les leçons de français, et cette formation commerciale
et pratique qui fait la renommée du pensionnat.
Obligés de quitter la France
En 1905, il faut se résigner à fermer
les portes: les Frères ne sont plus autorisés à enseigner
en France. C'est en Espagne proche, à l'entrée
de Saint-Sébastien (DonostiaSan Sebastian, capitale
de la province basque de Guipûzcoa), qu'ils élèvent
leurs nouveaux
locaux. Les Français y viennent, plus nombreux encore, et les
Espagnols affluent.
Mais bientôt, arrivent de nouveau des jours sombres, de nombreux
professeurs devant rentrer en France pour répondre à la
mobilisation de 1914.
Le retour à Bayonne reste cependant l'objectif. En 1917,
est acquis le domaine de Charlestéguy, au quartier Saint-Léon.
Disposant d'une maison d'habitation, de communs importants et d'un
grand parc, s'y établit dès 1919 une annexe du collège
de SaintSébastien, dénommé le petit Saint-Bernard.
Retour à Bayonne
Après moult péripéties, vient le temps de quitter
Saint-Sébastien.
En 1928, dans un majestueux
bâtiment
flambant neuf, la rentrée ne se fait à nouveau qu'à Bayonne.
Et la vie continue, avec sa double communauté française
et espagnole, un double enseignement aussi - la préparation
du baccalauréat et l'enseignement commercial.
Un bel équilibre
rompu par de nouveaux troubles, la guerre d'Espagne d'abord, le conflit
mondial ensuite : difficulté pour les élèves espagnols
de venir à Bayonne, mobilisation des professeurs, réquisition
pour servir d'hôpital militaire, occupation par les troupes allemandes...
À partir de 1945, il faut réaménager les locaux,
et faire face à la diminution du nombre des Frères. Mais
l'enseignement conduit aux mêmes succès, axé davantage
sur la préparation
du baccalauréat, avec prédominance des disciplines
scientifiques.
Quelques années plus tard enfin, la réorganisation
de l'enseignement catholique de Bayonne ne conserve à Saint-Bernard
- ou plutôt La Salle Saint-Bernard, sa nouvelle appellation -
que les classes du primaire et du collège.
Et c'est avec quelque
1300 élèves, dont une vingtaine d'internes, que l'établissement
vient de fêter ses 150 ans.
Frère Francis Ricousse
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